8/26/2015

Le chat de l'arc-en-ciel et autres monologues psychédéliques


Lorsqu'on pensent aux monologues enregistrés sur disque au Québec, la majorité des gens auront probablement en tête ceux à caractères sociaux d'Yvon Deschamps.  Mais parmi tout les disques de "monologues" des années 1960-70, il y a aussi eu un sous-genre peu discuté et digne d'intérêt pour les lecteurs de ce Blog: les monologues psychédéliques.

Photo Vedette - Novembre 1970
Selon moi les monologues psychédéliques sont de belles expérimentations d'une autre époque.  Je l'ai décrierais comme un type de création audio fait pour élargir les horizons, dérouter l'auditeur de sa conception traditionnel de la réalité, par des concepts ou des sensations déstabilisantes.

Le plus intéressant du lot est selon moi "Le chat de l'arc-en-ciel" de Normand Gélinas.  Il est le résultat d'une expérience que Gélinas fit. Il s'enregistre lors d'un "trip" d'acide. Par la suite, il transcrit l'audio, retravaille le texte et finalement se réenregistre mais cette fois en studio (avec sons et effets). Le résultat est très imagé. On dirait presque une fable pour enfant.  Avec par moment aussi une touche social.

Normand Gélinas
Visez-moi cet article sensationnelle du Photo Vedette où l'on fait l'éloge d'une oeuvre créé sous l'influence... tout en condamnant la drogue.  C'est un tour de force intellectuel ! Merci à mon collègue Sébastien de Mondo PQ pour l'article.

Farce à part, j'ai eu le chance de m'entretenir avec le créateur de ce disque. Il revient sur le processus de création, son message et la réception du disque.  Écoutez mon entrevue avec Normand Gélinas au sujet du Chat de l'arc-en-ciel.

Outre cet incontournable, coici cinq autres monologues méritant le détour:


SANS TITRE / Jean-Guy Moreau (1969 - Trans-Canada)
Ce monologue nous paint un portrait dystopique. Il présente un Québec ayant fait l'indépendence mais qui aurait érigé un mur autour de ses frontières et coupé tout contact avec l'extérieur pendant des décennies. Puis, le 8 décembre 1999 les américain test une bombe atomique sur son territoire pensant l'endroit désert.

LE CHAT DE L'ARC-EN-CIEL / Marc Gélinas (1970 - Trans-Canada)
Le plus long et le plus accomplis des monologues psychédéliques fait au Québec.



LA CONFESSION / soeur Charlotte et père Hervé (1973 - Pax)
Un curé se drogue et décrit son "trip" en confession.  Tout le délire est dans la façon de raconter les événements. On utilise beaucoup les inversions d'objet dans la description.




STÉRÉOLOGUE / Caramel Mou (1974 - Deram)
Ce monologue (en stéréo) est intéressant pour ses effets sonores et son accompagnement musical. L'histoire est banale en soit (un homme marche sur le trottoir et se prends le pied sur un morceau de caramel); mais le narration est intense et les effets bien choisis.




LE TEMPS / Roger Gravel (1976 - Airedale)
Ce texte a une touche un peu nouvel âge. Il est également narré par Jean Coutu (comédien). Des percussions qui vous mettrons en transe et des claviers grandioses.




NAISSANCE / Bionic (1977 - Pacha)
Ce monologue laisse aussi une impression nouvel âgeuse. Quoique plus menaçante et futuriste.  Il rappelera peut-être à certain le personnage de Métamorphe dans le livre Les hommes-machines contre Gandahar / Jean-Pierre Andrevon (1969).





Psyquébélique vous offre cette humble compilation de monologues psychédéliques. Je crois avoir recensé ici la quasi totalité des monologues du genre fais au Québec. Si j'en aurais oublié un et que vous auriez une suggestion, faites le savoir dans la section "commentaires".

1/01/2015

1969: les débuts Pop de l'Inphonie


En 1969 est arrivé sur la scène musicale québécoise un ovni: L'infonie. C
e groupe dirigé par Walter Boudreau, avait une façon très originale de faire de la Pop.

Beaucoup a été dit et écrit sur ce groupe. Ils ont laissé derrière eux quatre albums (de 1969 à 74), un manifeste (Le manifeste de l'infonie (1970), 
un film (Ô ou l'invisible enfant (1973)), un documentaire à été fait sur eux (L'infonie inachevée (1974)). Raoûl Duguay à fait paraître un livre "L'infonie, le bouttt de touttt" (2000). Le premier et troisième albums ont été réédités en CD sur l'étiquette Mucho Gusto (2000-01)


Bref beaucoup de matière, mais peu a été dit sur comment leur première année d'existence était Pop. Après 1969, Walter Boudreau et l'infonie prendront un virage vers une musique "contemporaine" avec le 2-3 et 4ième album. 

Cet article à simplement pour but d'examiner cette première année: 1969. J'ai interviewer Walter Boudreau pour en savoir d'avantage sur les premiers balbutiements Pop de cet incroyable groupe.



PSYQUÉBÉLIQUE : En 1968 on vous découvre en Quatuor de Jazz (Walter Boudreau + 3 = 4). L'année suivante paraît le premier disque de l’infonie. Est-ce que ces deux projets ce sont chevauché ?
WALTER BOUDREAU : Sans vraiment se chevaucher, l’un (quatuor de jazz) a été rapidement supplanté par l’autre (Infonie).

PSYQ : Comment vous est venue l'idée de former un Quatuor de Free Jazz ?
WB : Mon quatuor n’en était pas vraiment un de Free Jazz, malgré la présence d’improvisations « libres » vraisemblablement influencées par John Coltrane, Ornette Coleman, Eric Dolphy, Archie Shepp et autres solistes avant-gardistes du Jazz de la fin des années 60.


PSYQ : Est-ce que le "Quatuor de Jazz libre du Québec" était une influence ?
WB : Non, mais nous partagions assurément des objectifs similaires.


PSYQ : Qu'est-ce qu'il y avait de similaire entre ces deux groupes ?
WB : Le besoin viscéral d’une expression totalement débridée !


PSYQ : Quel était selon vous la différence majeur entre votre Quatuor et celui du Jazz libre du Québec ?
WB : Je crois que nous étions plus « structurés » (malgré tout…) avec une certaine présence d’éléments plus « traditionnels » dans nos musiques tels la pulsation, les modulations harmoniques et la forme, etc.

PSYQ : Quel genre de relation aviez-vous eu avec le Quatuor de Jazz libre du Québec ?
WB : Très amicales, conviviales sur le plan professionnel et personnel.

PSYQ: Pourquoi retrouve t’on des membres du quatuor de Jazz libre sur le premier enregistrement de l’Infonie (Jean Préfontaine, Yves Charbonneau, Guy Thouin) ? Pourquoi avoir choisi ces trompettiste / contrebassiste / batteur-là en particulier ? 
WB: Tout simplement parce que nous avions déjà commencé à réunir nos forces autour de mon groupe de Jazz et que l’Infonie est le résultat concret de cette "fusion".
 
PSYQ : Quel a été le tout premier enregistrement de l'Infonie ?
WB : « L’Infonie » sur étiquette POLYDOR

PSYQ: Il y a aussi eu un 45t de L’infonie (sur Polydor), est-il sorti avant ou après le LP ?
WB: Ils sont vraisemblablement parus simultanément, si ma mémoire est bonne.

PSYQ : Combien de temps AVANT le disque de Polydor avait commencé les activités de l'infonie ?
WB : Très peu, car mon quatuor de jazz évoluait rapidement avec l’ajout de musiciens ainsi que “d’extras” (dont Raôul [Duguay] n’étant pas le moindre...) et mes concerts devenaient peu à peu des sortes de “happening” mêlant musiques variées, poésie, théâtre et même projections d’images ! 

PSYQ : Comment passe t'on de composition de Jazz débridée (ex: Boulevard Chaumont 1968) à de la pop électronique (ex: "J'ai perdu 15 cents..." 1969) ?
WB : Facilement, quand on a l’esprit ouvert…

PSYQ : En 1969, vous avez fait la trame sonore de deux films de Jean-Pierre Lefèbvre: (La chambre Blanche, Q-Bec My Love).
Sur la 45t de "La chambre blanche", L'infonie est écrit avec un "PH" au lieu du "F" habituel, est-ce que c'était l'orthographe d'origine ou une faute de frappe ?
WB : C’était l’orthographe d’origine qui a rapidement été changée par la suite.



Possiblement le premier enregistrement de l'infonie (1969)
PSYQ : Si l'orthographe d'origine était inPHonie (tel qu'écrit sur le 45t "La chambre blanche"); serait-ce possible que ce disque soit paru avant celui sur Polydor ?

WB : Je n’en ai vraiment aucune idée...

PSYQ : Également sur le 45t de "La chambre blanche", Denis Lepage chante sur la pièce "This Ain't No Cinerama Baby" (et non Raôul Duguay), pourquoi cette collaboration ?




Denis Lepage 1969
WB : Denis Lepage était un trompettiste de talent avec qui je collaborais à l’occasion. De plus, il chantait, alors…

PSYQ : Est-ce que Raôul Duguay faisait parti de l'infonie dès le début ? ...  au moment où Denis Lepage chantait (en 1969) par exemple ? Corriger moi si je me trompe mais, ce n'était pas non plus Duguay qui chantait pour la pièce "Viens danser le O.K. là" ? 
WB : Oui, Raôul faisait partie de l’infonie dès les débuts. Or nous n’étions pas “organisés” (Dieu soit loué...) et –question de circonstances- Denis Lepage s’était avéré (outre sa trompette) celui qui a chanté  la toune en studio...

Personne ne “chante “ vraiment dans “Viens danser le O.K. là “, outre Ysengourd Knörh qui vocifère...

Raoul Duguay 1969
PSYQ : Est-ce que la participation de Raôul Duguay s'est plutôt concrétisée à partir du 2ième album ?
WB : Oui, Raôul a été plus “intégré” à la magistrale pièce “Paix” dans le 2e album

PSYQ : Vous avez participé à 3 trames sonores de Jean-Pierre Lefèbvre de 1969-71(La chambre blanche
Q-bec My LoveLes maudits sauvages), comment a commencé cette collaboraton ?
WB : Aux 3 trames sonores mentionnées plus haut, il faut rajouter celle de Ultimatum (1973)

Grand ami de Raôul Duguay (à l’époque...) J.P. Lefebvre était un “fan” de l’Infonie. Nous nous fréquentions “socialement” à l’occasion et c’est à ce moment-là  qu’il m’avait proposé d’écrire la musique pour La chambre blanche

PSYQ : Y a t'il eu un enregistrement vinyle de la trame sonore du Film de Jean-Pierre Levèbvre Q-Bec My Love ?
WB : Pas à ma connaissance

PSYQ : Comment fonctionnait la composition à l'intérieur de l'infonie ? 
WB : Je composais la musique. Au début, il existait un climat de liberté d’intervention des musiciens où l’improvisation tenait une place importante. Par contre, celle-ci s’est  rapidement  estompée au profit d’ une écriture plus “savante” et précise.

PSYQ : Quel(s) groupe(s) local(aux) admiriez-vous à l'époque de l‘Infonie ?
WB : Aucun

PSYQ : Quel(s) groupe(s) étranger admiriez-vous à l'époque de l'Infonie ?
WB : J’aimais bien Emerson, Lake & Palmer ainsi que Zappa, mais sous toutes réserves…

PSYQ: Que vous souvenez-vous du mouvement "Ti-Pop" ?  Est-ce qu’il y avait une volonté de vous inscrire dans ce mouvement avec l’infonie ?
WB: Plusieurs personnalités de mouvements « progressistes » portaient à l’époque un macaron ridiculisant le Premier Ministre Unioniste Maurice Duplessis…(Notre « Staline » Québécois…). 

L’Infonie – quoique sympathique à ce mouvement – ne s’est jamais impliquée politiquement, préférant concentrer ses énergies et talents à la chose « artistique ».

PSYQ : Au tout début de l'Infonie (vers 1969-70) avec le premier album sur Polydor, on retrouve un côté Pop, plus "accessible" qui était moins présent à la fin du groupe en 1974 (ex: J'ai perdu 15 cents..., Viens danser le O.K. là, Q-Bec BBQ, This Ain't No Cinerama Baby). Il y a même eu un 45t ... un single.... pour "Viens danser le OK là". 
L'infonie avait aussi fait partie de la compilation "Les plus grands SUCCÈS canadien-français de Polydor".  Comment expliqueriez-vous la différence d'approche musicale entre le début et la fin du groupe ? Est-ce que le producteur André Perry y était pour quelque chose ?
WB : Non ! Je bougeais très rapidement quant à la direction qu’allait prendre ma carrière de compositeur et cette « aventure » dans le monde de la musique pop tirait naturellement à sa fin puisque je me concentrais de plus en plus sur mes études en musique contemporaine ainsi qu’en direction d’orchestre “sérieuse...”

PSYQ : Quel sont vos souvenirs entourant la composition / enregistrements de la pièce "Q-Bec BBQ", "J'ai perdu 15 cents…" , "This ain't no cinerama" ? 
WB : Rien de spécial… 

PSYQ : et la pièce "Viens danser le O.K. là" ? 
WB : C’est un clin d’œil au groupe afro-américain the Marcels qui avait produit dans les années 60 une série de merveilleuses stupidités musicales nommées « The Night Before », « The Night After », etc., basées sur un ostinato de basse tenu par le pédalier de l’orgue Hammond. Plus près de nous, il y avait – entre autres – des horreurs comme « Manon viens danser le Ska » et autres « tubes » de la sorte. « Viens danser le O.K.-là » est un hommage sincère de ma part à toute cette culture populaire insipide.

PSYQ: Avez-vous gardé des copies de vos trames sonores de cette époque ? Pourquoi ne sont-elles pas disponible à l'achat ? 


La chambre blanche (1969) 
Q-bec My Love (1969) 
Les maudits sauvages (1971
Ultimatum (1973)

WB: Ils ont tout probablement été détruits et je n’en possède pas de copies. 

Je ne sais pas, ça fait tellement longtemps. Il se peut que je considérais ces musiques comme “mineures” (sauf peut-être celle de Ultimatum...) et, ne m’intéressant pas, j’ai jugé qu’elles n’intéresseraient personne...

                                                          ***


En conclusion, permettons-nous d'être en désaccord au sujet du non-intérêt pour ces trames sonores de Walter Boudreau / L'infonie. Vivement une réédition de ces enregistrements s'il existent encore !


Après 1969, l'infonie changera de cap musicalement et enchainera trois albums avant de se dissoudre en 1974. Walter Boudreau quand à lui, aura une carrière de compositeur contemporain remplie d'une soixantaine d'oeuvres. Il sera également directeur artistique de la Société de la musique contemporaire du Québec à partir de 1988 et gagnera multiples honneurs bien mérité. Psyquébélique vous encourage à suivre les activités de Walter Boudreau et de la SMCQ.


Voici en téléchargement les deux premiers 45t de l'infonie (paru 1969) ainsi que la chanson thème du film "Q-bec my Love" (1969):



4/16/2014

Les aventures de l'épervier et la méduse (1982)

Voici une disque non musical mais qui est tout de même amusant à écouter. Il s'agit d'une sorte de radio théâtre de science-fiction québécois.  En résumé c'est une mission de sauvetage se passant au pôle Nord et mettant en vedette des membre de la S.A.C. (Société Anonyme de Commando).

Le tout rappel drôlement des séries télé britanniques de Gerry Anderson des années 60 (Les sentinelles de l'air, Capitaine Scarlet...). Le genre d'histoire ou une organisation internationale est appelé au secours par des gens en péril dans des lieux isolés et pratiquement impossible d'accès. Le moteur narratif est dans la description minutieuse d'un accident et du dangereux sauvetage qui suivra. On nous en mets plein la vue avec des technologies futuristes utilisé par le fait même.


Dans l'introduction avant l'histoire; on nous précise que ce que l'on s'apprête à entendre est une des:

"histoires de la collection "Triangle Rouge"... (qui)...sont toutes basés sur des faits tirés des archives de la S.A.C. ...organisation composé de membres qui ont soit appartenu à différents groupes d'espionnages ou qui sont d'anciens militaires ou qui sont des techniciens dans différents domaines scientifique...".

C'est tout de même un peu étrange que pour une rare fois ou des Québécois ont écris une histoire d'aventure/SF, ont aient pas cru bon d'avoir des personnages qui eux aussi étaient québécois.  En effet, tout les personnages de l'histoire sont décris comme étant de nationalité américaine (Gordon, Bill, Max, Vic, Bob) mais parle français !?! Exception peut-être des personnages de Sam (l'épervier) et Lili (la méduse) qui sont "basés en Suisse" avec la S.A.C.

Malgré ce qu'indique l'endo de la pochette, il ne semble pas y avoir eu de "prochains dossiers" d'endisqués.

Tout porte à croire qu'il s'agit d'un pressage privé sans lendemain. Et que l'étiquette de disque "Audium" n'a pas eu les moyens de ses ambitions; malheureusement pour nous.

Ceci est peut-être explicable par le fait que ses créateurs sembles avoir été assez jeunes. Probablement même frère et soeur (Laurent Charlebois et Doris Charlebois).

Mentionnons en terminant le travail de montage & mixage audio qui est très bien exécuté par Laurent Charlebois (si on se fit à la pochette). Pas mal pour quelqu'un qui ne semble pas avoir laissé aucune autre trace dans le domaine de la création audiovisuel.

Les aventures de L'épervier et la méduse de PSYQUÉBÉLIQUE


 MP3: Télécharger l'album complet

3/04/2014

Mixtape # 3: Le farfadet découvre l'amour


Voici mon troisième mixtape. Ce mix avait été commencé en 2009 mais fut achevé seulement en 2014 lorsque Guillaume Le Roux m'a demandé de lui faire un mix exclusif pour "716 music". Il est dans la continuité de mes deux mix précédents: Le projet farfadet (2007) et Un farfadet en colère (2008). C'est un mélange 70's de Funk, Bossa, Disco et Rock. Tout ça entrecoupé de dialogue sexuel pour la plupart.

MP3: Pour téléchargement, cliquez sur la flèche à droite du lecteur Soundcloud ->
Le farfadet découvre l'amour (Mixtape #3) by PSYQUÉBÉLIQUE

2/24/2014

Psyquébélique au Rendez-vous du cinéma québécois 2014

Dans le cadre des rendez-vous du cinéma québécois, une projection extérieur du classique "Elvis Gratton, le king des king" (1981) était organisé samedi le 1 mars. L'événement se nommait "Le Elvis Gratton Picture Show".

Il s'agissait d'une projection avec participation active du public. Un sac d'accessoire était remis aux gens à leur arrivés sur le site et des "cues" lors de la projection leur indiquait quand sortir quoi. Un peu à la façon de "Rocky Horror Picture Show".

On m'a demandé d'être DJ pour l'événement.  La date, l'heure et le lieu était:

Samedi le 1 mars 2014
22h à 2h
Rue Emery (coin St-Denis) à Montréal.

8/31/2013

Mon nouveau blog dédié au Jazz

Dorénavant, tout mes articles concernant le jazz pourront être lu sur mon nouveau blog: La jazzthèque québécoise. Psyquébélique sera ce qu'il à toujours été, Jazz en moins. Si le Jazz vous intéresse, je vous invite à y devenir membres.

6/15/2013

Les bras d'acier / Charles 197?

Voici une intéressante reprise d'une pièce du groupe "Les Gendarmes".

Les bras d'acier était sorti en 1967 et chanté par Guy Harvey. Je dis "reprise des Gendarmes" mais malgré les crédits (Gilles Brown & Denis Pantis), un lecteur me fait remarquer que c'était en fait une reprise the "Working For The Man" de Roy Orbison de 1962. Merci Michel.






Les bras d'acier (originale )1967



Je ne connais rien de ce mystérieux Charles, ni la date de parution, ni l'arrangeur "Michel Jonathan" ou le producteur "Hugo" ?!?  Je n'ai trouvé aucuns musiciens portant ce nom ailleurs.

Jean-Philippe de l'Algorithme me suggère qu'il pourrait s'agir de 4 prénoms des membres du groupe: Charles, Hugo, Michel, Jonathan. Qui sait ?

Sébastien de Patrimoine PQ me rappel que Guy Harvey faisait paraître une chanson (balade) à la même époque sur l'étiquette Château. Pourrait-il s'agir de ses musiciens d'accompagnement ?

À l'oreille je dirais que ça sonne comme 1977-78.  C'est très Disco-Funk. Une belle petite section cuivre, plein de claviers un un batteur très dynamique.


La face chanté utilise le même texte d'origine ainsi que le monologue en intro. Selon moi par contre, la cerise sur le sundae est cette version instrumentale sur la face B.


MP3: Télécharger le 45t de Charles
         Télécharger le 45t de Les Gendarmes

2/18/2013

Psyquébélique présente: DISCO SPATIAL QUÉBEC 1976-82

Recto de pochette
Psyquébélique est fier de vous offrir sa première compilation: "Disco spatial Québec 1976-82".

 
Starwarsploitation ?
Lorsque le film "La guerre des étoiles" prit l'affiche en mai 1977, la science-fiction est soudainement devenue très populaire. L'engouement fut tel, qu'il contamina même la musique de son époque, le disco.

Les exemples les plus flagrant sont l'album Meco "Star Wars and Other Galactic Funk" ou "The Force" du groupe Droids. D'autres groupes plus "sérieux" tel Space en France firent leur apparition en 1977 également.

Cette vague a donné lieu à un véritable sous-genre disco que plusieurs appellent aujourd'hui le "disco spatial" ou (pour être méchant) "Starwarsploitation".

Il s'agit bien sûr d'une des nombreuses variations dont le disco est connu; mais c'est possiblement la plus intéressante. Elle dicta le ton de ce qui allait suivre dans les années 80 avec le son électro. Toute l'obsession pour le "futur" et "l'espace" a commencé là.









verso de pochette
Certains réduisent le Disco spatial à "du disco avec des sons de fusils laser" (Piou Piou). Selon moi c'est plutôt le début d'un son artificiel (électronique) dans l'histoire de la musique pop. Avec le disco spatial, on reconnaîtra de moins en moins les instruments acoustiques. Là ou on aurait utilisé des violons, on utilisera du synthétiseur. Là où on aurait mis de l'écho dans la voix, ont appliquera un filtre vocal ...etc. Le disco spatial rendra populaire un mouvement musical centré autour de synthétiseurs et autres périphériques musicaux électroniques.

Toute cette transition vers les textes planants, les claviers, arpégiateurs, filtres vocaux, se voulait dépaysante (pour ne pas dire extraterrestre). Le résultat peut faire rire aujourd'hui mais il a tout de même laissé une trace indéniable dans l'histoire de la musique.

Limelight, Montréal 197?
Montréal étant numéro deux (après New York) en terme de production disco à l'époque, nous avons produit notre lot de discoteurs fantasmant sur "l'espace".

Le gros de cette vague a été de 1977-1979, mais certaines pièces sorties avant et après tombent dans ce style.






Quelques mots sur la pochette. Les dessins sont du bédéiste québécois Robert Schoolcraft tiré de la série de comic book "Les aventures du capitaine Cosmos" 1980-81 aux éditions Héritage.  J'ai trafiqué les images et certains textes. Écrivez-moi si vous lisez ces lignes M. Schoolcraft.


intérieur de pochette
Différents musiciens se sont attaqués à ce style avec des degrés variables de talent et de créativité. Certains remplaçaient les instruments acoustiques par des instruments électroniques. D'autres se contentaient de faire du disco "standard" en ajoutant simplement une "couche" d'effets sonores par dessus.

Ma compilation reflète un peu cette palette. Il y en a pour tous les goûts: du kitsch, de l'artillerie lourde, du commercial, des obscurités.

Si vous êtes un artiste ayant fait une de ces chansons, écrivez-moi je veux de vos nouvelles.
MP3: Téléchargez la compilation ici


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Allez écoutez la dernière pièce ! Également, ma compilation à été mentionné sur la première chaîne de Radio-Canada. Mon collègue blogueur et ami Félix B. Desfossés en a parlé vers 10h50 vendredi le 22 février 2013 à l'émission Bande à part.   **************************************DU NOUVEAU**************************************

1/29/2013

Entrevue avec François Carel


Psyquébélique, Vente de Garage et Mondo PQ aimerait rendre hommage à François Carel.

Six ans après la publication de mon court article sur son 45t "Montréal 67", François Carel a pris contacte avec Psyquébélique.

Pour ceux qui ignore l'importance de François Carel dans l'histoire de la musique au québécoise, disons qu'il fut un des meilleurs musiciens/arrangeurs que l'industrie musicale québécoise ait connu dans la période 1965-70. À l'époque ou l'industrie se complaisait dans la traduction de musique d'ailleurs; ce jeune homme s'obstinait à créér du matériel original, de qualité ET Soul de surcoît ! Il fut une des rares voix à chanter ce Son "noir" en français.

Lorsqu'il était arrangeur, il savait insuffler une énergie incroyable dans les enregistrements qu'on lui confiait.  Des chanteuses franchement banales devenait soudainement dynamique sur disque grâce à la touche de Carel (voir l'article sur Michèle Richard de mon collègue Félix B. Desfossés).

Claveriste hors pair, d'autres arrangeurs se l'arrachaient comme musicien pour leurs sessions d'enregistrements.  Bref à plusieurs niveau il fut un agent de changement positif pour l'industrie de l'époque.  Sa carrière de chanteur aurait mérité d'aller beaucoup plus loin qu'elle ne l'a été.

J'ai profité de ce courriel de M Carel pour faire une entrevue avec lui. Il m'a raconté ses début, sa carrière de musicien, d'arrangeur, de producteur et fait le point sur pourquoi on ne l'a pas entendu sur disque depuis 1970. Tout les extraits musicaux sont de ses chansons sauf si indiqué. Je tiens à remercier mes amis Michel et Lëa qui m'ont aidé à trouver deux des extraits.





Écoutez l'entrevue:


Que pourrais t'on rajouter sur François Carel qui n'a pas été écrit ou dit par mes collègues Félix de Vente de Garage et Sébastien et Mimi de Mondo PQ ?  Psyquébélique vous offre l'intégrale des deux LP de François Carel.

Ne sautez pas de joie trop rapidement par contre.  Ces deux long jeux sont un peu décevant. Ça aurait pu être génial s'il aurait s'agit QUE de compos originales.  Malheureusement, comme il l'explique en entrevue, ces disque sont en fait un répertoire de reprise imposé (et un peu mal choisie) par Caroussel/Tournesol.  Malgré certains choix douteux, on reconnait la touche de M. Carel à l'orgue et aux arrangements. Tout les pièces sont instrumentales et plusieurs d'entre étaient des bandes maitresses auquels d'autres artistes ont simplement rajouté leurs voix.

Mentionnons tout d'abord la pièces Les lunettes ("Judy in Disguise / John Fred and his Playboys Band")  pour sa puissante batterie et son accompagnements de cuivres.

"L'amour est bleu" (L'amour est bleu / Vicky) avec son solo de guitare incroyable, mais aussi le son de l'orgue à la toute fin.

La fille du pacha, est une version de "Sur la colline / Joe Dassin". La version orgue est la plus intéressante des deux. Les choeurs et trompette sont comboné de façon intéressante. Les toutes premières notes de violons rappel drôlement le pré-générique des Sentinelle de l'air.

Oh, ma belle Marguerita, Il s'agit d'un version de la pièce du même nom de George Guetary. Elle fut chanté par Fernand Gignac (pour vous donné une idée du répertoire à qui était destiné ces chansons).  C'est une drôle de pièce à mi-chemin entre le Tijuana bras et le Honky Tonk.

La contribution de Psyquébélique à cet hommage collectif à François Carel sera donc purement instrumentale. J'en profite pour rajouter le 45t jazz de Montréal 67.

MP3:
Télécharger le 45t de François Carel Montréal 67